Pollution spatiale : l’état d’urgence par Christophe Bonnal

pollution-spatialeDepuis dix ans, le nombre de « gros objets spatiaux » en orbite a doublé, frôlant la barre des 30 000. Certes, ainsi que l’explique d’emblée Christophe Bonnal, expert senior à la Direction des lanceurs du CNES (Centre national d’études spatiales), ces débris en tous genres – satellites hors service, étages de lancement, couvercles d’optique, sangles, billes métalliques, etc. – ne constituent pas une pollution au sens classique du terme dans la mesure où l’espace n’est pas un écosystème.

N’empêche, beaucoup de ces déchets finissent par retomber sur Terre. Par chance, aucun mort ou blessé n’a pu leur être attribué à ce jour. Mais l’auteur, qui préside la commission « Débris spatiaux » de l’IAA (Académie Internationale Astronautique), nous alerte sur le fait que certains de ces débris renferment des matières fissiles, qui risquent ainsi de disséminer leur radioactivité sur la surface du globe.

Dans l’immédiat, le risque le plus important, popularisé en 2013 par le film « Gravity  » d’Alfredo Cuaròn, est celui de l’impact d’un débris spatial sur un satellite en activité. Dans sa préface, l’astronaute Jean-François Clervoy rapporte que ses instructeurs de la NASA évaluaient le risque à une « chance » sur 270. Pas négligeable du tout !

Plus inquiétant encore : même si l’activité spatiale s’arrêtait totalement du jour au lendemain, le nombre de déchets continuerait à croître du fait des collisions qui les cassent en plus petits morceaux. Ce phénomène est connu sous le nom de « syndrome de Kessler », du nom du chercheur qui l’avait mis en évidence dès les années 1980.

Pour Christophe Bonnal, l’amélioration des réseaux de surveillance permettant de détecter les risques de collision avant qu’il ne soit trop tard, et la précision accrue des orbites sur lesquelles sont positionnés les nouveaux satellites, si indispensables soient-ils, ne seront pas suffisantes pour résoudre le problème. Ce chercheur en appelle donc à la création d’une nouvelle profession, celle d’ « éboueur de l’espace », qui utiliserait notamment des « véhicules de nettoyage orbital ». On se croirait en pleine science-fiction !


Éditions Belin, 240 pages, 19.90 € – www.editions-belin.com
Contact presse : Susan Mackie. Tél. : 01 55 42 84 39 – Susan.mackie@editions-belin.fr
(Laurent Samuel)

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