Symposium de Monaco : le poids de la responsabilité du journaliste

La Principauté de Monaco a abrité vendredi 4 et samedi 5 mars 2016, à l’initiative de la section de l’Union de la presse francophone (UPF), un symposium sur le thème « Médias et environnement en Méditerranée ».

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par M’hamed Rebah

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Symposium UPF

Ouverture du Symposium de Monaco « Médias et environnement en Méditerranée » par le prince Albert II de Monaco @ D.R.

Y a pris part une centaine de journalistes d’expression française, venus des pays du bassin méditerranéen et qui, pour la plupart, mettaient les pieds pour la première fois à Monaco. Le symposium s’est déroulé en trois demi-journées. La première, consacrée à la séance d’ouverture et à la conférence inaugurale, a eu lieu dans le décor impressionnant du Yacht Club de Monaco, avec une touche protocolaire, quoique discrète, en apparence peu propice à la concentration sur le thème du symposium. Mais l’intervention du Prince Albert II, centrée sur le rôle des médias dans la chaîne de prise de décision politique, a vite capté l’attention des journalistes.

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Les trois communications présentées à la conférence inaugurale ont permis d’entrer dans le vif du sujet : Bernard Fautrier, haut fonctionnaire de la Principauté de Monaco, a décrit le chemin parcouru par l’écologie dans sa conquête de l’opinion publique, depuis la préparation de la Conférence de Stockholm (juin 1972) à ce jour, et fait ressortir la contribution de Monaco à la protection de la Méditerranée, notamment en ouvrant la voie au Programme d’action pour la Méditerranée (PAM) ; Yolaine de la Bigne, directrice de Néoplanète, a livré en dix points les sources du malaise ressenti dans le rapport de l’écologie aux médias ; Cynthia Fleury, philosophe, a donné des raisons de penser que l’écologie peut être payante pour les médias, en réponse à une réflexion exprimée par Jean Kouchner, secrétaire général de l’UPF, modérateur du débat.

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Le symposium s’est ensuite déplacé à l’hôtel Colombus où étaient logés les journalistes, pour continuer ses travaux, l’après-midi du 4 mars et la matinée du 5 mars, en séances plénières, pour les deux tables rondes, et dans trois ateliers. Les tables rondes ont traité de la place et de l’image de l’écologie dans les médias ; les ateliers ont abordé les questions du populisme scientifique, du poids des lobbies et du rôle des réseaux. C’est là que le symposium a démontré que l’emploi d’une langue commune, le français, par les journalistes des pays de la Méditerranée, pour traiter dans leurs médias d’une préoccupation commune également, l’écologie, est loin de remplir une fonction d’hégémonie culturelle ou de véhicule d’une pensée unique, ni de facteur d’uniformité, au vu de la grande diversité dans les approches, révélée par les interventions. La nature du média (presse écrite ou électronique, réseaux sociaux, audiovisuel) n’est pas étrangère à cela, mais l’explication est surtout dans les contextes locaux différents qui intègrent généralement la multitude de paramètres « classiques » (culturel, historique, politique, et même linguistique…).

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La marque de l’UPF, avait annoncé Patrice Zehr, le président de la section de Monaco, est « la liberté de parole respectant les diversités ». C’est cette disposition qui a dominé tout le symposium, dans un climat absolument confraternel. Il reste à savoir si la grande question posée au départ – la presse, sur les deux rives de la Méditerranée, est-elle à la hauteur de l’enjeu écologique, humain et politique ? – a eu sa ou ses réponses. Ce qui est certain : le poids de la responsabilité du journaliste a été ressenti par tous.

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A écouter sur le site Radio Ethic, un sujet d’Evelyne Tonelli (JNE) sur ce symposium avec une interview de Mhamed Rebah.

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