Le goupil s’invite à Lille (chez les ch’tis)

Nous partîmes quelques membres de l’Aspas et, par une forte mobilisation, nous nous vîmes 1500 en arrivant à la préfecture pour y déposer les quelques 38000 signatures recueillies sur le site mes opinions.com contre les massacres annoncés des renards du Nord.

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par Maurice Chatelain, photographe naturaliste, JNE solidaire de l’ASPAS

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Rassemblement à Lille contre la chasse au renard, 15 février 2014 – photo Aspas

C’est sous un ciel bleu azur et les feux d’un soleil radieux que l’action débute par une conférence de presse. Avec Pierre Athanaze, président de l’Aspas, qui souligne le rôle d’auxiliaire d’agriculture que tient l’animal, tandis que Denis-Richard Blackbourn, docteur en écoéthologie et ethnozoologie, ajoute que chaque renard « fait économiser au minimum 2.400 euros par an à l’agriculteur », un chiffre à multiplier par les quelque 6 000 à 7 000 canidés tués annuellement par les chasseurs. Son classement comme nuisible « n’a pas de sens, c’est schizophrène. Le renard est utile », a assuré Emmanuel Cau (EELV), vice-président du Conseil régional Nord/Pas-de-Calais chargé de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement.

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Dominique Bur, préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, précisait lors d’un entretien à La Voix du Nord qu’il « ne cautionne pas cette opération (les Ch’tis Fox Days) et son caractère festif ». En parlant des chasseurs, il ajoute même : « Ils n’ont pas mon aval, je le leur ai dit et je veillerai à l’application stricte des règles, en particulier pour les tirs de nuit ».

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Le rassemblement se poursuit par divers interviews sous l’œil des caméras de TF1, France 3, BFM TV et au micro de France Bleu Nord, RTL, l’AFP.
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ASPAS, GON, Fondation Bardot, LPO Nord, LPO Pas de Calais et LPO Nationale, RAC et Association des Naturalistes de la Gohelle, soutenus par l’APIE, One Voice, CVN, Nord Nature, CRAC Europe et les végétariens du Nord, la SPA, viennent grossir les rangs des nombreux participants qui entament la marche vers 15 h. Les forces de police présentes, mais néanmoins discrètes, ouvrent et accompagnent l’itinéraire parcouru avec sérieux et respect pour ces êtres sensibles accusés — une fois n’est pas coutume —, d’exister en somme.

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Le vent, parfois violent, fait claquer banderoles, calicots et pancartes, lesquels offrent aux passants la réalité choquante de cette opération décrite par le président de la fédération des chasseurs du Nord comme un week-end de « sensibilisation à la nécessité de réguler les populations de renards, qui ont explosé depuis l’éradication de la rage ». Week-end ? Sur le site web journal des piégeurs, le même Jean-Marc Dujardin parle bien d’une semaine pleine, du 17 au 23 février 2014.

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Cet appel à une chasse sans pitié, de jour comme de nuit, en usant de violences inqualifiables, ne peut laisser indifférents les défenseurs des droits des animaux, dont les slogans explicites — chasseurs y’en a marre, protégeons le renard ou beau et utile, vive le Goupil —, scandés au mégaphone par la mascotte de la manifestation, sont repris avec cœur par une foule convaincue de leur légitimité.

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La procession s’arrête devant la préfecture pour le dépôt des 37 000 pétitions et s’achève par une prise de parole de certains représentants des associations présentes.

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Il est à craindre qu’aucune décision officielle ne vienne empêcher ces tueries, mais au moins ce rassemblement aura-t-il alerté l’opinion publique toujours plus nombreuse à rejeter la cruauté contre les animaux. En effet, rien ne l’excuse, rien ne justifie l’élimination pure et simple d’espèces qui ne demandent qu’à vivre libres dans leur milieu naturel.
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