A Nantes, des stations gourmandes, plus qu’un verger urbain

En marge du congrès Ecocity, qui se déroulait du 25 au 27 septembre 2013, un groupe de journnalistes des JNE a visité quelques aménagements originaux réalisés par le SEVE (Service des espaces verts et de l’environnement) de Nantes.

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par Nathalie Tordjman

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« Station gourmande » du centre ville de Nantes – photo Nathalie Tordjman

 

Frank Coutant (paysagiste naturaliste au SEVE) et Jacques Soignon (directeur du SEVE) nous ont présenté, avec beaucoup d’enthousiasme, une « station gourmande », proche de la Place du Commerce, en plein centre de la ville. Il s’agit de vergers et de potagers urbains ouverts à tous. Ainsi, la monotone pelouse assortie de quelques massifs fleuris bien ordonnés, a été transformée par la plantation de buissons de framboisiers, de cassissiers et de groseillers, et aussi des arbres fruitiers : cerisiers, pruniers, pommiers. Des tables de pique-nique en bois sont aussi mises à disposition du public qui peut à la saison, grappiller des fruits mûrs.

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L’espace vert n’est plus seulement un décor agréable que l’on voit en passant en voiture, c’est un lieu de vivre ensemble, de rencontre et d’échange pour les habitants. Cette station du centre ville a été créée en 2012, et cette année, sept autres ont vu le jour dans différents quartiers de Nantes. Les habitants ont été invités à venir déposer leur compost (4 700 composteurs individuels ont été subventionnés en partie par Nantes Métropole, et 1400 foyers utilisent un composteur collectif) près de ces stations gourmandes ou à proximité de jardins partagés. Sur les gros monticules de terreau ainsi constitués, des courges ont été semées et les ont rapidement recouverts.

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Il est à noter que ces plantations gourmandes subissent assez peu de dégradations, et que la cueillette et le partage se font sans violence, comme si la présence de plantes comestibles forçait le respect. Le soir, ces espaces sont très fréquentés, et il traîne souvent le lendemain des restes de pique-nique, non biodégradables. Ces stations gourmandes ont été adoptées et jouent un rôle dans la vie sociale, en particulier avec le relais d’associations de quartier, mais l’ambition des espaces verts est aussi de favoriser la biodiversité. L’entretien se fait sans pesticides, ce qui est plutôt rassurant pour les consommateurs des cueillettes gourmandes. Des gîtes à insectes et des nichoirs à oiseaux et à chauve-souris favorisent le retour des animaux en ville. Un inventaire des papillons comme indicateur de renaturalisation est en cours. Et dans chaque équipe de jardiniers, il doit y avoir un référent biodiversité, qui peut faire consigner les différentes observations de terrain.

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Bassin du square J.B. Daviais végétalisé à Nantes – photo Nathalie Tordjman

 

Nous avons ensuite visité le square J.B. Daviais. Comme tant d’autres squares du début du XXe siècle, son centre est occupé par un bassin circulaire en pierre. En général, ce genre d’aménagement, quand il est maintenu en eau, demande beaucoup d’entretiens, mais, là, ce bassin classique a été végétalisé.

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Des berges en pente douce ont été créées vers l’intérieur permettant l’installation de différentes plantes aquatiques. Des tables de pique-niques ont aussi été dressées à cheval sur ces berges.

 

 

 

 

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« Big sac » près de la gare de Nantes – photo Nathalie Tordjman

 

Enfin, dans le cadre de Nantes Capitale Verte 2013, le service des espaces verts a créé des installations plus éphémères, mais tout aussi originales.

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Plus de 200 « big sacs » ont été recyclés en jardinière géante et installés sur les trottoirs. Ils ont été « graffés », puis plantés le plus souvent avec des essences qui attirent les insectes comme le genêt, le fenouil, mais aussi avec des arbres comme des saules. Dans certains, des haricots d’Espagne, du chèvrefeuille et des ipomées sont partis à l’assaut des lampadaires et des arbres du macadam.

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Le temps nous a manqué pour visiter d’autres espaces comme la Petite Amazonie dans le quartier de Malakoff, les jardins flottants aménagés sur l’Erdre, le verger et le potager dans le château des ducs de Bretagne…

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Toutes ces initiatives, en cours depuis plusieurs années – il a fallu trois années pour élever les 2000 arbres fruitiers en pépinière – ont contribué au prix « Nantes Capitale verte de l’Europe 2013 ». C’est une récompense pour tous les jardiniers municipaux, qui, comme l’a exprimé Franck Coutant, ne manquent pas d’idées pour recréer de la nature citoyenne en ville.

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Pour en savoir plus : http://www.jardins.nantes.fr

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