Nouveau Président pour les JNE, nouvelles orientations ?

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par Richard Varrault, président des JNE

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Je souhaite tout d’abord, avant de remercier le nouveau CA (Conseil d’administration) qui été élu pour un tiers de ses membres à notre Congrès-Assemblée Générale dans les Vosges du Nord, faire le lien avec les conversations que j’ai eu principalement avec Roger Cans, un de nos « anciens », qui, dans le Tgv qui nous conduisait à Strasbourg, puis au château du Liebfrauenberg, m’a cordialement poussé à postuler au poste qui allait être transmis par Carine Mayo. Depuis plusieurs mois, elle avait exprimé sa volonté de passer la main après 11 années de bons et loyaux services et des initiatives dynamiques porteuses d’échanges, à la tête de notre association. Le manque de motivation que produisit la vacance future de ce poste, et par voie de conséquence l’évidente pénurie de candidat.e, m’a incité à m’investir pour palier à cette situation de blocage. Je l’ai expliqué au CA du 22 juin qui, à l’unanimité, à accepter que je porte haut la feuille de houx, emblème de notre association.

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Je ne vous proposerais pas de rechercher un nouveau logo plus adapté à notre XXIe siècle, je ne vous demanderais pas non plus de revoir notre charte graphique ou d’autres aspects triviaux de notre vie quotidienne, bien qu’à la marge, avec la nouveauté, des améliorations sont toujours possibles.

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Nous allons plutôt nous engager pour les thèmes qui tiennent à cœur à de nombreux adhérents, comme le goût de la Nature, tel qu’il a été très bien exprimé au dernier congrès par Roland de Miller (lire son texte ici) et qui par extension pose les questions de la préservation des espèces (animales et végétales) et plus largement la protection de ce qu’il reste de biodiversité sauvage et les habitats naturels de diverses espèces qui disparaissent au fur et mesure d’un nouveau tronçon d’autoroute, de ligne Lgv, ou de projets de centres commerciaux qui n’intéressent que les grands actionnaires (en millions d’euros) et non les loups (sauf ceux de Wall Street), ni les lynx du Palatinat ou autres marmottes ou campagnols amphibies de nos campagnes.

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Je vous proposerai une association plus incisive et qui exprime plus clairement le fond de sa pensée, d’une manière publique, avec des communiqués de presse sur ses sujets, à destination de l’AFP, des autres agences, et des rédactions de quelques médias ciblés.

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Dans cet esprit, nous continuerons à débattre des droits et du bien-être animal qui déboucheront peut-être sur un colloque en 2018, en abordant tous les aspects de ces questions depuis la fermeture des Marinelands en France ou dans d’autres pays (notamment l’Inde), en développant tout à la fois les processus physiologiques en jeu comme les considérations juridiques qui commencent à encadrer les droits des animaux, qu’ils soient d’élevage, domestiques ou sauvages, ainsi que les conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage. Un chantier important et symbolique des relations humains-non humains, sans oublier la chasse à la baleine pratiqué par certaines flottes japonaises ou les tueries de globicéphales qui se pratiquent encore aux îles Féroé (Danemark).

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Nous poursuivrons bien entendu l’information et la participation aux colloques concernant la lutte contre les dérèglements climatiques, comme la COP23 de Bonn pour laquelle un déplacement est envisagé en novembre 2017, en coopération avec l’AJE (Association des Journalistes de l’Environnement), avec laquelle nous avions créé l’AJEC21 en 2014 (dissoute en 2016). Tout comme d’une manière générale nous continuerons à échanger régulièrement avec l’AJE comme nous l’avons fait jusqu’à présent, annonce de réunions, de colloques et autres rendez-vous en commun, comme celui qui devrait avoir lieu prochainement avec le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Sans oublier le nouveau pacte mondial pour l’environnement présenté par Laurent Fabius à la Sorbonne, qui doit être présenté par le Président de la République en septembre aux Nations Unies.

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Notre pays doit normalement se désengager de la production d’électricité par le nucléaire. Nous pourrons dans le courant de l’année 2018 visiter une centrale de la région parisienne, ce qui, je crois, n’a encore jamais été réalisé par les JNE. Les premiers renseignements montrent que ce type de visite est régulièrement effectuée et bien organisée par les instances en charge de la gestion de nos réacteurs. Nous avons tous et chacun.e des visions spécifiques du nucléaire. Une visite de quelques heures apportera à celles et ceux qui participeront un certain recul sur le sujet, sachant que nous négocierons un temps pour nos questions avec des interlocuteurs compétents pour nous répondre, sans le langage codé qui sied à ce type de visite.

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Nous nous pencherons également sur les mutations de la biologie, de la biologie de synthèse et crispr-cas9. Un colloque est d’ailleurs prévu en octobre 2017 pour tenter de comprendre ces transformations fondamentales puisque les OGM ne porteront plus ce nom, mais le vivant touché par ces ajouts subtils aura bien été transformé par ces nouvelles manipulations.

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Ce colloque est destiné à faire le point sur ces sciences sans précédents, prendre la mesure de l’implication de ces technologies dans notre vie et quel statut juridique auront ces nouvelles entités ainsi que leur acceptabilité par nos sociétés, celle des Etats-Unis étant différente de celle de la France.

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J’observe aussi que nous avons parmi nos adhérents des personnes de qualité aux compétences scientifiques avérées. Je vous propose de les regrouper pour former un collège des sages ou des sachants qui viendraient nous éclairer sur certains thèmes auxquels notre association pourrait ainsi apporter des avis et/ou des communiqués susceptibles de faire avancer le débat ou bouger les opinions, au sein des JNE ou publiquement par des colloques ou des débats qui nous organiserions en ouvrant nos séances au public et non plus seulement à nos confrères.

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Parmi les sujets, qui je l’espère, éveilleront votre intérêt, sous forme de petits-déjeuners presse, ou de matinales de formation, l’évolution des métiers de la presse me paraît un thème important. Qui, de l’homme ou de la machine, écrira les articles en 2020 ? La presse économique utilise déjà des robots-journalistes pour rédiger des articles sur les fusions, acquisitions et évolution des cours de bourse, puisque quelques modèles d’articles et de bons algorithmes suffisent à la fois pour collecter l’information sur la toile ou les sites spécialisés et inclure les éléments dans un modèle. C’est ensuite un jeu de mise en forme selon les canons d’écriture des professionnels. La presse sportive a également mis les pieds dans la robotique pour rendre compte des derniers matchs ou des exploits sportifs. L’enjeu est d’importance si cette « ubérisation » prend de l’ampleur et si de nouveaux logiciels viennent à devenir abordables financièrement pour des rédactions, finis les frais de déplacement, les choix humains qui ne conviennent pas au rédacteur en chef et autres appréciations discutables, notamment la masse salariale d’un journal, voire d’une radio et pourquoi pas une chaîne de TV ?

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En 2019, notre association aura 50 ans. Cela vaut bien une fête et quelques publications. Nous avons déjà commencé à poser les bases d’un travail de collecte des archives JNE dispersées auprès des adhérents au fil des années, avec des archivistes et des historien(ne) s.

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Un colloque est prévu, dans un lieu emblématique (lieu d’histoire), et la publication soit d’un ouvrage ou de fascicules sur la vie de notre association et de ses relations avec le monde extérieur et des personnalités qui en ont été l adhérentes comme par exemple Marguerite Yourcenar, Paul-Emile Victor, François Terrasson et d’autres dont vous retrouverez les noms dans notre annuaire 2017 (Les JNE en quelques dates clés, pages 22 & 23).

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Vous conservez bien sûr toute latitude pour proposer des sujets nouveaux, dès à présent, et vous avez toute liberté de mettre en œuvre vos propres débats, petits déjeuners presse et autres rencontres dont le CA se fera un plaisir de vous donner avis et propositions pour attirer votre public et rendre le plus intéressant possible les manifestations envisagées. Le conseil d’administration et moi-même restons également à votre écoute pour l’organisation de voyages en région ou hors de France.

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Nouveau Président des JNE, Richard Varrault est directeur de publication de Waternunc.

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